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Handicap : Mâcon en route vers l'exemplarité

172 km de voirie et de trottoirs étudiés, 7 500 obstacles recensés, des travaux envisagés sur plusieurs années : le diagnostic de mise en accessibilité de la voirie et des espaces publics de Mâcon a été un travail de longue haleine. Il entre en phase opérationnelle et sera présenté en conseil municipal. Il prévoit notamment de rendre accessibles aux personnes handicapées des itinéraires dans le centre-ville de Mâcon – pour rejoindre notamment l’Hôtel de Ville, la gare ou la cité administrative ainsi que des cheminements place Saint-Clément. Nous ne parlons là que des opérations programmées jusqu'en 2015, mais le Plan de mise en Accessibilité de la Voirie et des Espaces publics (PAVE) est envisagé à l’échelle d’une décennie.

L'accessibilité prise en compte dans tous les travaux

Qu’est-ce que le PAVE ? Un dispositif prévu par la loi du 11 février 2005 relative “à l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées” . Cette loi impose la réalisation d’un diagnostic, mais ne fixe pas d'échéance pour la réalisation des travaux. Mais Mâcon a fait de l’accessibilité une des priorités du mandat en cours. Priorité qui lui a déjà permis d’être classé au 11e rang national en la matière dans le baromètre 2010 de l’APF/L’Express.
Jean-Pierre Mathieu, l’élu en charge de la politique d’intégration, explique cette progression de 31 places par rapport à 2009. “Nous avons cherché à développer une culture du Handicap, qui nous conduira, je le souhaite, à signer à court terme avec l'APF, “ l'Agenda 22 ”, regroupant les diverses mesures concrètes, prises dans cette direction. La Ville se transforme à grands pas et favorise donc par ses nouveaux équipements l'accessibilité.
C’est le cas pour la M.O.S.A.Ï.C. ou le port de plaisance, comme pour les rénovations : celle de la place Saint-Pierre prévoit un espace quasiment plane et va réserver la rue Montrevel aux personnes à mobilité réduite pour mieux accéder à l’Hôtel de Ville”
On ajoutera également à cette liste que les nouveaux ronds-points créés au square de la Paix ou à l’angle des rues Victor-Hugo/Gambetta cette année proposent des passages surélevés qui, s’ils sont parfois pris pour des “ dos d’ânes ” par les automobilistes, permettent surtout de ne pas rompre une chaîne de déplacement, notion cruciale pour les personnes à mobilité r é d u i t e q u i d o i v e n t b é n é f i c i e r d’itinéraires sans obstacles du point A au point Z.
“Comme la ville se transforme et se modernise dans tous ses quartiers, je suis très optimiste sur l’adaptation de nos lieux de vie à toutes les formes de handicap”, peut annoncer Jean-Pierre Mathieu.

Les bâtiments publics font leur mue

Garantir cette accessibilité nécessite
e f f e c t i v e m e n t d e s t r a v a u x
d’aménagements pointus comme
garantir un espace libre d’1,40 m de
largeur sur les trottoirs, d’installer des
horodateurs utilisables par les
personnes en fauteuil, de doter les
traversées de chaussée de bandes
podotactiles, ou encore de supprimer
les grilles d’égouts dotées de trous ou
d’écartements trop grands…Tout ceci
doit aussi s'accompagner de civisme.
Avec 8 km de trottoirs,  opérationnels, la Ville va passer à la vitesse supérieure en traitant l’accès aux bâtiments administratifs mais aussi en oeuvrant pour que ces mêmes bâtiments puissent recevoir tous les publics. Ainsi un nouvel ascenseur et
Le label Tourisme et Handicap pour les Ursulines
Permettre l’accès à la culture à tous.
C’est sur ce fondement que l’équipe du
Musée des Ursulines a entrepris ces
dernières années une démarche pour
acquérir le label Tourisme et Handicap,
décerné sous l’égide du Ministère du
Tourisme. Courant octobre, ce label a été
officiellement attribué au Musée
municipal dans les trois catégories qu’il
comprend, les handicaps moteur, auditif
et mental. Pour y parvenir, l’ancien
couvent a reçu nombre d’améliorations
comme la mise en conformité de la cour
pour garantir l’accessibilité du musée
depuis le 5, rue de la Préfecture,
la création d’un ascenseur, l’installation
de rampes d’accès pour gommer les
différences de niveau, d’une banque
d’accueil adaptée et équipée pour les
malentendants, de toilettes spécifiques
et d’un panneautage qui privilégie le
visuel au texte. évidemment, ces murs
du 17e siècle, classés “ Monument
historique ”, n’ont pu se plier à toutes les
contraintes : 4 salles du rez-de-chaussée
restent difficilement accessibles pour les
personnes à mobilité réduite. Il est
envisagé d’installer une borne
interactive pour en permettre la visite
virtuelle.
››
Lutter contre la fatalité
Il a 42 ans, il est plusieurs fois champion de France de natation
adaptée, vit la semaine dans un foyer occupationnel près de
Chalon où il est parfaitement heureux, le week-end, il revient
– seul en empruntant le train – chez ses parents à Mâcon. “ Il ”,
c’est Christophe Griezmann, trisomique, dont le parcours
démontre qu’il ne faut pas croire à la fatalité. Après qu’un
pédiatre a annoncé à ses parents “ qu’il ne parlerait ni ne
marcherait jamais ”, ils ont toujours veillé à ce qu’il puisse
progresser, s’éveiller. “ Et ce n’était pas facile à l’époque, se
souviennent-ils. Heureusement, il a pu être pris en charge par les
Papillons Blancs jusqu’à ses 16 ans. ” Ensuite, après une
recherche difficile, c’est près de Chalon que Christophe a pu
trouver un lieu de vie avec des ateliers où l’on effectue des petits
travaux et des activités sportives. C’est là qu’il a pu s’adonner
à sa passion pour la natation, apprise seule dans sa jeunesse.
Christophe a l’ambition du champion. Il visait encore deux
médailles fin novembre lors des championnats nationaux. Autre
passion, les percussions qu’il pratique au sein d’un big band.
Sans compter le football, sport important pour ce supporter de
l’Olympique de Marseille et de son cousin Antoine, son idole,
joueur professionnel à la Real Sociedad de San Sebastian (Esp).
“ Les activités, c’est ce qui permet de s’ouvrir l’esprit vers
l’extérieur ”, résume sa maman. Avec son mari, elle constate que
l’acceptation des personnes handicapées a beaucoup évolué.
“ L’accueil à l‘école est facilité par les auxiliaires de vie et le
regard que les gens portent sur le handicap mental n’est plus
le même. ”
Le travail, clé de l’insertion
Plus encore que dans un parcours de vie “ classique ”, l’accession au
travail est un vecteur essentiel d’insertion dans la vie sociale. à ce titre,
l’entreprise mâconnaise APM 71 emploie trente personnes reconnues
handicapées pour des travaux de sous-traitance industrielle, de
prestation de services en entreprise et d’entretien d’espaces verts. Cette
émanation de la Mutualité Française Saône-et-Loire constitue le dernier
maillon de la chaîne de l’insertion, après celui des ESAT (établissement
et Service d'Aide par le Travail, ex-CAT) comme celui d’Hurigny.
“ Ici, tous nos employés sont des salariés ”, témoigne le gérant, Didier
Joly. Comme Angelina Latuilière qui travaille à l’APM depuis 1997,
après un passage en CAT. “ J’ai commencé par un stage, puis on m’a
proposé ce poste. C’est important dans ma vie : j’y ai rencontré mon mari
et nous avons un enfant aujourd’hui. Nous habitons dans notre propre
logement à Mâcon. Pour les loisirs, nous pouvons compter sur l’ESAT
d’Hurigny qui propose des sorties (dans le cadre de l’accompagnement
à la vie sociale, ndlr). à Mâcon, on peut vraiment trouver des personnes
pour nous écouter si besoin. ”
“ Notre mission, c’est au final de permettre à nos salariés de trouver des
emplois dans des sociétés classiques ”, conclut Didier Joly.
un hall modifié vont permettre l’accès
au plus emblématique de tous ses
édifices, l’Hôtel de Ville repéré
d'ailleurs comme la priorité des
p r i o r i t é s p a r l ' e n s e m b l e d e s
associations composant le groupe de
t r a v a i l “ H a n d i c a p , é g a l i t é ,
Citoyenneté ”, créé par la Ville en 2008.
Quant au musée des Ursulines, il vient
de recevoir le label “ Tourisme et
h a n d i c a p ” ( v o i r e n p a g e 1 0 ) .
Le camping est également rénové dans
l e s n o r m e s d e l ' a c c e s s i b i l i t é .
Les établissements Recevant du Public
(ERP) doivent avoir effectué leur mue
d’ici 2015.
Pour aller encore plus loin, la Ville
prévoit également de former tous ses
agents d’accueil pour mieux recevoir
les publics handicapés. Car, au-delà
des dispositifs pratiques, l’intégration
des publics handicapés est surtout une
affaire d’ouverture aux autres. à titre
d’exemples, le Conseil Communal des
Jeunes s’est ouvert aux jeunes en
situation de handicap tout comme le
trophée des Talentueux Mâconnais.
“ Tous les secteurs de la vie quotidienne
doivent être concernés par l’intégration
et ce, par réflexe spontané ”, termine
Jean-Pierre Mathieu. n
Dans son havre de paix de la rue du
Beaujolais, mis à disposition par la Ville,
la PEP 71 – ex-UNAFAM espérance – est
un lieu de socialisation, d’échanges et
de construction de projets. Dans son
mode “ accueil de jour ” le centre
dispose de 24 places pour des personnes
handicapées psychiques (souvent
présentes à mi-temps). “ Ce lieu fait
vraiment du bien, confie Ronelyam,
jeune déléguée des adhérents. On y
retrouve confiance en soi et maintenant,
j’ai l’intention de reprendre mes études
de droit. ” On y vient prendre un café,
manger ensemble, faire des jeux de
société. L’intérêt aussi, c’est de
participer aux multiples activités
proposées par l’association. Atelier
photo, participation à l’école municipale
d’arts plastiques, pour l’aspect culturel ;
tennis mais aussi tir à l’arc avec les
Archers Mâconnais et, depuis la rentrée,
badminton avec le club local, pour le
sport. Des activités parfois pratiquées
en commun avec les adhérents de ces
clubs. En 2011, l’association a également
pu disposer d’un espace pour assister
aux concerts de l’été frappé.
“ Mais le but n’est pas de rester dans
notre structure éternellement, note la
directrice adjointe, Laurence Devaux.
Nous bâtissons un projet personnalisé
pour qu’ils puissent retourner à une vie
normale. ”
Vivre, faire des projets
avec la PEP
La PEP assure également un SAVS
(service d’accompagnement à la vie
s o c i a l e ) q u i s u i t , à d o m i c i l e ,
39 personnes dans leur gestion du
quotidien (alimentation, suivi médical
et professionnel) et propose également
u n e “ m a i s o n - r e l a i s ” , s o r t e
d’antichambre avant un hébergement
classique.
Gare de Mâcon-Ville :
l’accès aux quais n’est pas réalisé
Si la gare de Mâcon-Ville a bien été rénovée (voir en pages 30-31),
cette réalisation n’est pas complète : l’accessibilité aux quais
extérieurs, qui ne peut se faire que grâce à des ascenseurs, n’est
pas assurée. L’explication en est juridique : si c’est bien la SNCF
qui a financé la rénovation intérieure de la gare, la mise aux
normes des quais dépend de la compétence de Réseau Ferré de
France, propriétaire des voies. Un imbroglio dont les personnes
à mobilité réduite se seraient bien passées.
Mâcon-Chaintré :
un grand cri d’enthousiasme
La monitrice, Corinne Gard, annonce à son
groupe un exercice de trot pour conclure une
heure de monte. Un grand cri d’enthousiasme
s’élève alors de la carrière du centre hippique de
Mâcon-Chaintré. La plupart des six
pensionnaires du centre Korian se livreront
ensuite, sourire aux lèvres, à ce moment
jubilatoire.
“ J’adore le cheval, c’est ma passion ”, livrera
ainsi le jeune Raphaël. Ce moment de grâce,
c’est la récompense de tous ceux qui se sont
investis pour que le centre devienne une
référence en matière d’accueil équi-handi ;
on le sait, côtoyer un animal a des vertus
thérapeutiques pour les personnes handicapées.
“ Depuis 2010, nous avons fait en sorte que tous
les cheminements et les locaux soient
accessibles, détaille Isabelle Teisserenc,
directrice des lieux. Nous avons également
acheté un équi-lève pour le handicap moteur,
une sellerie adaptée… ” L’adaptation va se
poursuivre avec la construction, en cours,
d’un nouveau manège qui sera entièrement
adapté à la pratique équi-handi et
opérationnel courant 2012. Enfin, le centre
envisage l’achat d’un cheval dédié à cette
pratique. “ C’est très délicat, il faut qu’il soit
à la fois très placide et capable de prendre
les bonnes décisions. ”
De quoi garantir le développement d'une
pratique déjà bien installée au centre
équestre. Trois groupes envoyés par des
associations locales comme les Papillons
Blancs fréquentent le centre équestre. Deux
demi-journées leurs sont consacrées chaque
semaine, alors que certaines personnes
à mobilité réduite s’intègrent à des séances aux
côtés de cavaliers valides.
Corinne Gard,
monitrice référente
du centre équestre
Mâcon-Chaintré
“ La pratique du cheval
a des effets très bénéfiques
pour les groupes que nous
accueillons ici. Par exemple,
pour les personnes atteintes d'autisme, très
renfermées, qui s’ouvrent peu à peu aux autres.
Pour tous, c’est surtout une occasion de prendre
confiance en eux. Pendant les cours, nous
apprenons à diriger le cheval, mais nous faisons
en sorte que nos groupes puissent s’occuper des
chevaux : les brosser, mettre la selle pour ceux
qu’ils le peuvent. C’est très bénéfique. Le but c’est
également de mélanger les publics valides et
handicapés et nous avons déjà des exemples qui
vont dans ce sens.
Les mardis, nous avons également pu mettre sur
pied une rencontre. Nous accueillons un groupe
de jeunes venus de quartiers. à la fin de leur cours,
ils m’aident à prendre en charge un groupe de
personnes handicapées, sans a priori. Ils sont
adorables avec eux. ”

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