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La fouille des sarcophages découverts lors des travaux de la rue Gambetta à la fin du mois d'avril et au début du mois de mai dernier, a révélé leurs secrets.
L'observation minutieuse des restes humains contenus dans les deux plus grands a permis de déterminer que quelque temps après l'inhumation des défunts, des pilleurs étaient venus récupérer les objets de valeur déposés dans la sépulture. Heureusement pour les archéologues, dans l'une des tombes, un peigne en os et une pendeloque (ornement suspendu à une bouche d'oreille, à un bracelet) ont échappé au vol. Ces objets confirment la datation supposée, à savoir des inhumations de la fin de l'Antiquité (Vème siècle).
Les 8, 9 et 10 juillet, sous la direction de Luc Staniaszek (anthropologue à l'INRAP), une équipe de passionnés a entrepris la fouille de trois sarcophages retrouvés fortuitement rue Gambetta à Mâcon. Ces sarcophages découverts intacts lors de travaux de terrassement avaient été transportés dans un dépôt du musée de Mâcon afin de les préserver et dans l'attente d'une étude scientifique.
Les trois sarcophages sont taillés dans du calcaire, deux sont de grande taille et le troisième est d'un module plus petit, réservé à des enfants comme l'a montré la fouille.
Après l'enlèvement des couvercles, réalisé grâce à l'appui technique des services de la Ville de Mâcon, un long et minutieux dégagement des restes humains a pu commencer.
Les deux grands sarcophages contenaient chacun les restes d'une femme adulte. Dans l'un d'entre eux (image 1, cliché Luc Staniaszek), le squelette est en position anatomique mais les perturbations sont visibles au niveau du crâne et du membre supérieur gauche.
Image 1 : première sépulture avec le squelette en position anatomique
Dans le deuxième (image 2, cliché Luc Staniaszek), le squelette apparaît complètement bouleversé. Il est clair que les tombes ont été réouvertes par des pillards qui ont probablement dérobé les objets métalliques qui accompagnaient les défuntes.
Par chance, dans la deuxième sépulture, ces voleurs ont dédaigné un peigne (image 3, cliché Luc Staniaszek) et une pendeloque en os. Ce type d'objets, en attendant une étude plus approfondie, peuvent être rattaché aux parures de la fin de l'Antiquité (Vème siècle). Ils permettent de confirmer l'hypothèse de datation avancée par les archéologues.
Image 2 : deuxième sépulture avec découverte d’un peigne
Image 3 : découverte d’un pendeloque en os
Le troisième sarcophage, le plus petit, est apparu comblé de terre. Une fois les sédiments enlevés, ont été mis au jour les restes de deux jeunes enfants (image 4, cliché Luc Staniaszek). L'observation attentive de la position des ossements autorise à conclure que le dépôt des corps s'est fait en deux temps. Un premier individu a été déposé dans le sarcophage, puis environ un an après, la tombe a été réouverte, le premier corps poussé sur le côté pour ensuite installer le second inhumé. Enfin, la sépulture a été remplie de terre.
Image 4 : troisième sépulture de deux jeunes enfants
Ces premiers éléments ne constituent que les observations réalisées au moment de la fouille, maintenant reste à nettoyer les ossements et à les étudier, ainsi que le mobilier, afin de réaliser l'étude complète de ses vestiges.
Des fouilles menées à Mâcon, sur des niveaux de l'Antiquité tardive, avaient montré qu'au Vème siècle la ville connaissait un certain dynamisme malgré les crises et les vicissitudes du temps. Dans un Empire romain qui vit ses dernières décennies menacé par les invasions et l'anarchie, Mâcon, protégé par son rempart est implanté le long de la Saône, profite de ces atouts pour maintenir une certaine prospérité comme le prouvent les céramiques importés du nord de la Gaule, de la vallée du Rhône ou d'Afrique du Nord, mises au jour dans les fouilles.
Ainsi, les deux femmes inhumées dans le cimetière de la ville, proches de l'ancienne voie menant à Lyon, et dont les sarcophages ont été découverts et fouillés, appartenaient probablement aux familles aisées de l'antique Matisco du Vème siècle.
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