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La Ville et ses partenaires (SNCF, RFF, CAMVAL) lancent une vaste réflexion sur l'avenir du rail à Mâcon.
Le transport ferroviaire est indubitablement celui de demain. La SNCF estime ainsi qu’au niveau national , le nombre de ses passagers va doubler dans les 10 ans à venir. Mâcon-Ville en est un bon exemple, qui a vu sa fréquentation augmenter de 35 % entre 2001 et 2007, puis bondir à nouveau de 30 % depuis 2008 et la mise en place du cadencement des Trains Express Régionaux. Au final, ce sont 1,1 million de voyageurs qui ont fréquenté Mâcon-Ville en 2009. Les déplacements de travail, en particulier vers l’agglomération lyonnaise, à une heure de trajet, expliquent ce succès.
Privilégiée en matière de voies de communication, Mâcon compte une seconde gare sur son territoire, celle de Mâcon-Loché. Paris, Genève, Marseille s’offrent aux touristes, et, surtout, aux forces vives de l ’économie dont l’activité bénéficie largement de cette ligne à grande vitesse.
Outil privilégié du développement d'une ville dont la population augmente à nouveau (+ 400 habitants au dernier recensement) – la corrélation des deux n’est sans doute pas le fruit du hasard -, le rail doit néanmoins entreprendre dès aujourd’hui les transformations profondes qui garantiront ses succès de demain. Rénovation du bâti et, au-delà, de ses emprises et de son stationnement, création d’une véritable multimodalité sont autant de chantiers désormais ouverts à Mâcon-Ville. Mâcon-Loché, victime de son succès, va également augmenter sa capacité de stationnement.
A travers un entretien croisé, le Sénateur-Maire, Jean-Patrick Courtois, et le président de la SNCF, Guillaume Pépy ont échangé sur ces sujets déterminants pour les prochaines années.
67 trains par jour à Mâcon-Ville :
Guillaume Pépy :
Un important projet de rénovation de la gare est en cours. D’un montant de 2,7 millions d’euros, entièrement financé par la SNCF, il est destiné à améliorer les conditions de confort des voyageurs. Il aboutira notamment à la création d’une offre de restauration légère, à une meilleure information clientèle par l’installation d’une nouvelle signalétique et d’un système de téléaffichage, à la mise en place de vidéosurveillance.
Parallèlement au projet de rénovation de la gare de Mâcon Ville dans le cadre du programme TGV Rhin-Rhône, l a CAMVAL a impulsé une étude d’aménagement du site de la gare et de ses environs, à laquelle la SNCF s’est associée avec la Ville, le Conseil Régional et le SITUM. Nous nous inspirerons effectivement de ses conclusions pour l’aménagement du site. Dès à présent d’ailleurs, afin de mieux encore répondre aux attentes de nos clients, nous étudions a v e c l a muni c ipa l i t é de Mâ c o n l’implantation de services de proximité en gare liés aux services à la personne, à la vente de produits alimentaires régionaux. L’implantation d’une crèche à proximité de la gare est également en cours d’étude.
Autre enjeu de taille, le développement de l’intermodalité et de l’accessibilité avec un objectif : la réalisation d’une plateforme vers laquelle tous les moyens de transport convergent, en favorisant l’accessibilité aux modes de transport collectifs et écologiques (agrandissement du parking, mise en place d’une station vélos…).
Jean-Patrick Courtois : Mâcon-Ville, comme Mâcon-Loché, attire des usagers bien au-delà de notre ville. L’arrivée du TGV Rhin-Rhône et la réflexion autour d’une ligne à grande vitesse Paris- Orléans-Mâcon-Lyon nécessitent d’anticiper l’avenir. Or, l’emprise de cette gare de centre-ville, qui est également une gare routière, n’est plus adaptée à ces usages, notamment en termes de stationnement, et les anciennes friches du site (Sernam, fret) sont sous-exploitées. La réflexion sur le pôle multimodal va donc permettre de trouver des solutions et de requalifier ces espaces. Les voyageurs pourront alors bénéficier d'un lieu plus accueillant, mieux adapté et plus confortable avec des services de proximité et une circulation fluidifiée. C'est dans cet esprit que la Ville de Mâcon accompagnera ces réalisations par l'adaptation de son plan de circulation sur le secteur. L’accès et la sortie de la gare en seront facilités et elle sera mieux intégrée à la ville.
G.P. :
Avec plus de 1 million de voyageurs par an, cette gare a connu une hausse moyenne de 5% par an depuis 10 ans, hausse qui a doublé entre 2007 et 2008avec la mise en place du cadencement.
65% des clients de la gare prennent le train pour se rendre à leur travail. La SNCF restera vigilante sur les progressions futures qui nécessiteront des adaptations au niveau des installations.
Depuis quelques années, la fréquentation des TER a fortement augmenté (+ 40% depuis 2002). Ces lignes subissent tout à la fois les effets cumulés de l’importante augmentation de la fréquentation, de la saturation du réseau et du vieillissement de l’infrastructure nécessitant un volume de travaux de plus en plus important, auxquels s'ajoutent parfois un renouvellement encore inachevé du matériel roulant. Des causes externes au système ferroviaire, tels que les actes de malveillance ou d’incivilité, les suicides, les intempéries… ressortent en forte augmentation. Ainsi, les vols de câbles, Jean-Patrick Courtois Sénateur-Maire de Mâcon PDG de la SNCF qui entraînent la mise à l’arrêt de la signalisation ferroviaire, ont-ils augmenté de 165% en un an.
Douze lignes prioritaires ont donc été identifiées, dont la ligne Mâcon-Lyon, pour intégrer un plan de reconquête de l a qualité de service.
Mené conjointement avec RFF, et en association avec les autorités publiques, ce plan vise à lancer une série d’actions concrètes dans un délai de 18 à 24 mois. La phase d’audit est en cours, ligne par ligne, et sera rapidement suivi e d’actions visant à rétablir la qualité de service.
J.-P. C. : Notre réflexion porte sur deux sujets. Nous discutons actuellement avec Réseau Ferré de France pour l'installation de protections anti-bruits dans la traversée de la ville. Mais la réflexion est également engagée autour du futur pôle multimodal qui devrait nous fournir une solution en imaginant le déplacement de l’activité de fret depuis Mâcon-Ville sur le secteur du port de commerce où il trouverait de nouvelles conditions de développement. Cette éventualité est techniquement possible puisqu'une voie ferrée existe déjà entre la plate-forme fret du centre-ville et le port. Cette éventualité serait d'autant plus intéressante qu'elle permettrait de libérer de l’espace à Mâcon-Ville. Il paraît en effet absurde de vouloir renforcer le traitement du fret au coeur de la ville. La croissance économique et le mieux-être à Mâcon seraient conciliés grâce à ce transfert.
G. P. :
Avec TGV il est aujourd'hui possible de rejoindre en direct de Mâcon aussi bien les destinations du Sud (Marseille, Nice, Toulon, Bordeaux, Toulouse, Nîmes, Montpellier, Lyon...) que de l'Est de la France (Nancy et Metz). En 2012, avec l'arrivée du TGV Rhin-Rhône, deux nouvelles offres permettront de relier en direct la capitale alsacienne mais aussi Colmar et Mulhouse.
2012 sera également l'année d'un changement des horaires inédit qui marque la première étape de l'arrivée du cadencement en France. TGV a saisi cette opportunité pour réaménager l'offre Paris-Mâcon en améliorant les horaires de pointe du soir avec, d'ici quelques mois, deux départs possibles entre 17h00 et 18h00.
Enfin, cette année anniversaire des 30 ans de TGV es t l 'occas ion de multiplier encore les petits prix TGV. Au printemps, pour la clientèle loisir, plusieurs promotions pour les voyages de l'été ; et pour les professionnels, une réduction exceptionnelle sur les abonnements fréquence en TGV. Et tout au long de l’année, sous réserve d’anticipation, des prix Prem’s à partir de 17 € vers Paris et l’Ile de France, 22 € sur les autres destinations.
J.-P. C. : Effectivement, Mâcon-Loché est de plus en plus utilisée pour des déplacements de travail en direction de la région parisienne. A ce titre, il nous paraît impératif de mieux coordonner les fréquences horaires afin que soient instaurés un départ supplémentaire de Mâcon-Loché aux alentours de 7h30 afin d’assurer une arrivée à Paris vers 9 h, et un horaire en soirée permettant ainsi des déplacements quotidiens pour les travailleurs et autres rendez-vous professionnels. Au final, c’est toute l’économie locale qui profite des liaisons TGV. A ce titre, il est urgent de trouver une solution adéquate pour le stationnement à proximité de la gare de Mâcon-Loché. Nous travaillons avec nos partenaires en ce sens et j'aurai l'occasion d'en discuter avec les dirigeants de la SNCF qui viendront très prochainement à Mâcon.
Décembre 2011 sera une date importante pour Mâcon-Ville et toute la région. La mise en service du TGV Rhin-Rhône va permettre de réduire les distances et les trajets en direction de l’Est de la France : Mâcon sera à 3 h de Strasbourg contre 4h40 actuellement ; Besançon sera à 1h20 de Mâcon, Belfort-Montbéliard à 1h45 et Mulhouse à 2h05. Deux allers-retours quotidiens vont desservir Mâcon-Ville qui, comme neuf autres gares de la ligne Strasbourg-Lyon, bénéficie de travaux d’aménagement importants (voir en page 13) pour mieux accueillir ses futurs voyageurs.
Cette ligne, qui permettra de relier Marseille à Strasbourg, sera la première du réseau à grande vitesse à ne pas transiter par l’Ile de France.
Plus de 400 000 voyageurs empruntent chaque année la gare de Mâcon-Loché. Depuis son inauguration en 1983, elle est devenue indispensable au monde économique, grâce aux douze TGV qui desservent les lieux quotidiennement. Les entreprises locales disposent d’un moyen de transport rapide (1h40) et écodurable vers Paris. Les salariés, de plus en plus nombreux, font eux aussi des trajets quotidiens vers leur lieu de travail en région L’une des conséquences négatives de ce succès est l’encombrement du parking de 600 places. Aussi, d'importants travaux d'extension des zones de stationnement sont à l'étude pour augmenter la capacité de stationnement et disposer d’un accès plus pratique au site.
780
Le nombre de places envisagées pour le parking de Loché.
C’est un enjeu économique majeur : le Sénateur-Maire souhaite engager la réflexion sur le transfert en zone portuaire de l’activité fret actuellement basée sur l’emprise de Mâcon-Ville.
Cela permettrait de constituer sur le site d’Aproport une nouvelle plate-forme multimodale dédiée aux marchandises avec la rencontre du fer, de la route et du fleuve. De quoi renforcer l’ancrage du site comme “ port de Genève
” grâce au nouvel accès direct ouvrant sur l’A406 et, partant, l’A40. La voie ferrée reliant le port de commerce à la gare de Mâcon-Ville existant déjà, l’option est techniquement réalisable. Enfin, des espaces seraient libérés sur l’emprise de la gare de Mâcon-Ville. Le transit du fret au coeur de la ville interroge également sur la qualité de vie des riverains d’une ligne de plus en plus fréquentée. La nécessaire protection phonique des habitants fait également l’objet de discussions avec RFF.
Plus pratique, plus conviviale, mieux adaptée aux besoins de ses 4 600 utilisateurs quotidiens : la gare de Mâcon-Ville va afficher un nouveau visage à l’issue des travaux d’un montant de 2,7 millions d’euros entrepris par Gares & Connexions (la 5e Branche de la SNCF), dont l’ambition est d’améliorer le confort des voyageurs.
Dans le hall, des espaces d’attente dotés de sièges, clairement identifiés et chauffés, vont être créés. Autre nouveauté, un espace commercial polyvalent – nommé “combistore” - où l’on pourra se restaurer, boire un café et acheter la presse. De nouvelles toilettes, avec accès aux personnes handicapées sont également prévues.
L’escalier qui permet l’accès du hall de la gare au quai va être déplacé à l’extérieur afin de libérer de l’espace en gare.
L’information des voyageurs sera améliorée par une nouvelle signalétique, notamment dans le hall et sur les quais. Enfin, pour répondre à de nouvelles obligations légales, Gares & Connexions va doter la gare de caméras de vidéo surveillance.
Prévus pour durer pendant l’essentiel de l’année, ces travaux n’occasionneront aucune rupture de service de la part de la SNCF.
| images non contractuelles |
Devenir un pôle multimodal
C’est déjà l’avenir pour la gare Mâcon-Ville. Hormis les travaux cités plus haut, une étude de requalification est menée par la CAMVAL sur l’ensemble de l’emprise SNCF, élargie aux limites des quartiers périphériques, soit 16 ha.
Cette étude propose de repenser l’organisation de l’ensemble de cet espace pour concilier les déplacements de tous les voyageurs de la gare, qu’ils empruntent le train, le bus, ou un taxi ; qu’ils accèdent à la gare à pied, en bus, à vélo ou en voiture.
L’objectif est le développement de l’intermodalité et de l’accessibilité pour créer un véritable pôle d’échange multimodal (PEM). Le site de la gare reçoit en effet, en plus des trains, pas moins de 284 passages de lignes de bus urbains du SITUM chaque jour en semaine, sans compter les lignes interurbaines des départements de Saône-et-Loire, de l’Ain et du Rhône.
Améliorer l’espace de pose-dépose réservé à ces bus, actuellement trop limité, sera une priorité.
Plus largement, concilier la circulation automobile, le stationnement – actuellement insuffisant et anarchique sur les friches arrières de la gare - et les déplacements doux sera donc un des objectifs de l’étude en cours.
Au-delà, c’est bien l’intégration du pôle gare au futur plan de circulation de la ville et de son désenclavement qu’aura à traiter cette étude. Cela passe par la création d’une nouvelle voirie d’accès par le quartier Saint Clément, la transformation d’un terrain sur une emprise appartenant à Réseau Ferré de France en zone de stationnement et l’ajout d’un accès piétons par l’ouest, aérien ou souterrain.
Acheter vos billets… au bureau de tabac !
Nouveauté commerciale à la SNCF. Bientôt, les clients du tabac-presse du centre commercial Leclerc des Saugeraies pourront y acheter leurs billets de TER, à condition que le titre de transport ait obligatoirement pour origine ou destination l’une de ces gares : Mâcon, Senozan, Fleurville – Pont de Vaux, Crêches-sur-Saône, Pontanevaux. Les destinations sont toutes les gares de Bourgogne, des régions voisines et Paris Bercy. Les abonnements font également partie de l’offre. Cette nouveauté correspond à une volonté de l’opérateur ferroviaire de toucher ses clients dans leurs lieux de vie quotidienne.
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