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La Saône : un trésor retrouvé

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Depuis une décennie, la cité lamartinienne se tourne à nouveau vers la Saône.

La Saône à Mâcon se déguste sans aucune modération. “Esplanadez-vous” écrivait Jean-Patrick Courtois à l’été 2007, dans son éditorial d’ “Un mois à Mâcon”, lors de la renaissance de l’esplanade Lamartine après trois ans de travaux. Aujourd'hui, les voitures dorénavant sous leurs pieds, parking souterrain aidant, les Mâconnais ont parfaitement reçu le message.

Été comme hiver, ils investissent l'esplanade. Par milliers au coeur de l’Été Frappé - ils étaient 5 000 pour Féfé en 2010. Affluence record chaque année également pour le feu d’artifice du 13 juillet. Idem en hiver lors de la déambulation d’ouverture de “ Contes et Lumières ”.

On y danse

La scène sur l’eau adoptée par tous les artistes et musiciens donne une dimension nationale forte et particulière à la ville. Au quotidien, on flâne, se prélasse, s’aime, se repose en regardant la danse des cygnes, se décontractant au soleil couchant . Les ados s’y retrouvent, “ skatent ”…

Au pied de la statue du poète on y danse, chante, s’amuse, discute. Entre les jardins romantiques, les gloriettes, le kiosque, les jeux pour enfants, l’esplanade s'inscrit comme une évidence dans le quotidien des Mâconnais.

Les manifestations y sont légion. Pouvoir bénéficier de l’esplanade pour ses organisations constitue une reconnaissance forte pour les associations mâconnaises. Sans oublier le marché du samedi matin, naturellement à son aise à l’ombre des platanes.

Sports d’eau au pluriel

L’esplanade avec la création en 2008 de la voie bleue constitue une porte d’entrée vers le nord. Un nouveau délice qui, en toute quiétude et sécurité, permet à pied, à vélo ou à roller, de longer la Saône jusqu’à Fleurville.

Mais la Saône se vit aussi sur et sous l’eau, en ramant, en skiant, en barrant un voilier, en pilotant un jet ski ou un bateau à moteur , en pêchant , en plongeant. Au-delà de la dimension purement sportive, aviron, canoë-kayak, ski nautique, voile, plongée, pêche, développent chacun une politique éducative en direction des jeunes et des scolaires, mais aussi des adultes. La pratique loisir occupe une part importante au sein de ces clubs, auxquels il convient d’ajouter le jet-ski et les plaisanciers à moteur du Yacht motor club.

Zoom sur...

Des compétitions multiples et variées

La Saône se prête parfaitement aux compétitions nautiques. Si les joutes malheureusement ont disparu, en revanche la plus que centenaire Société des Régates Mâconnaises organise entre 4 et 5 régates par an, dont des championnats de France et autres compétitions internationales.
Le motonautisme né en France à Mâcon rugit en septembre avec son éponyme Grand prix. La voile, le ski nautique gèrent des rencontres fédérales ou amicales.
La pêche organise un grand concours de carnassiers ou son safari silure. Le club subaquatique projette une manifestation de nage avec palmes.

Port de plaisance

Future "seigneur des anneaux"

Tout ce beau monde est ancré en majorité au port de plaisance. Port qui sera l’objet de huit mois de travaux à compter de septembre de cette année afin d’être opérationnel au printemps prochain.
“ Si nous ne touchons pas à la surface du plan d’eau, en revanche nous multiplions par trois les anneaux pour atteindre le nombre de 420, en passant de 3 à 9 pontons ” commente Georges Lascroux, conseiller municipal en charge du dossier. Un espace fonctionnel et convivial sera réservé aux associations utilisatrices. Une partie technique avec deux magasins et ateliers de réparation des bateaux sera construite. Une port côté pontons. Des accès pour personnes handicapées seront mis en place sur l’ensemble du port dont la gestion relève de la Ville.

2 000 ans d’histoire

Prenant sa source dans les Vosges, la Saône se jette dans le Rhône à Lyon après 482 km de cours. De tous temps utilisée pour la navigation, la réalisation, entre 1835 et 1867, de nombreux ouvrages en facilita la circulation. Après ces travaux, son utilisation fut possible presque toute l’année de Saint-Jean-de-Losne à Lyon. À Mâcon le premier port a été implanté au pied du Plateau de la Baille et utilisé par les Gaulois puis les Romains. Après les premiers aménagements le port du quai nord fut maintenu et il y eut celui du quai sud (quais Lamartine et des Marans). Ces structures, accueillant notamment les célèbres « Parisiens » transportant marchandises et jusqu’à 400 passagers, ont été remplacées à partir de 1926 par une « gare d’eau », le port nord avec darse. Ce fut une étape avant le port sud aménagé à partir de 1970. Juste avant la guerre, la compagnie anglaise “ Impérial Airways ” ouvre deux lignes aériennes de Southampton vers Le Cap et Sydney. Mâcon est choisie comme escale. Le spectacle des hydravions amerrissant est au rendez-vous quatre fois par semaine.

Tourisme international

Devenant le troisième port en eau intérieur de France, Mâcon sera pourvoyeur d’activités, notamment touristiques. Une perspective partagée par Georges Guyonnet, à la fois au titre de conseiller municipal chargé de la politique de la Saône, et à celui de président de la Fédération départementale de la pêche. “ Il faut développer l’activité sur notre Saône, notamment la pêche, car nous disposons d’une des plus belles rivières françaises, une des plus poissonneuses. La qualité de son eau s’est améliorée notamment grâce à la collectivité et sa station d’épuration. Des pêcheurs en provenance notamment des pays de l’Est, viennent à Mâcon chasser la carpe. Les retombées sur le commerce local sont indéniables. ”
Si ces traqueurs de cyprinus carpio  séjournent une semaine chez nous, la capitale de Saône-et-Loire s’érige en ville étape pour les grands navires fluviaux de tourisme. Quinze bateaux d’armateurs suisses, allemands, (un seul français) s’amarrent sur les quais à la moyenne de 5 à 6 par semaine, avec 120 passagers environ à leur bord. “ Ce sont en majorité des Allemands, Anglais ou Américains. C’est une belle vitrine pour notre ville, expose Marie-Paule Cervos, adjointe chargée des relations internationales et du tourisme. Ces 4 étoiles flottants transportent une clientèle qui aime découvrir notre région et repartir avec du vin notamment. Les bateaux font souvent leurs provisions de produits frais dans les commerces locaux. ”

La Saône vecteur de développement

Aproport © Ville de Mâcon

Mais l'économie, sur la Saône, est surtout représentée par Aproport, qui réalise chaque année plus de 5 millions d'€ de chiffre d’affaires (Mâcon et Chalon compris), dont 2,4 millions pour Mâcon en 2010. 1,2 million de tonnes de marchandises ont été traitées dans le port industriel mâconnais, (440 000 tonnes venant et repartant par voie fluviale, 40 000 tonnes par voie ferroviaire, 720 000 tonnes par voie routière). Porte d’entrée vers les ports internationaux de Marseille, Anvers et, depuis le 19 mars, du Havre, grâce à la mise en circulation d’une ligne SNCF de fret Rennes - Mâcon – Lyon, notre cité peut s’enorgueillir de sa place de 5e port fluvial français. Son rayonnement va bien au-delà du littoral hexagonal. Des containers chargés au port fluvial, par exemple d’eau minérale Volvic, déchargés à Fos-sur-Mer et transférés dans des bâtiments maritimes, achèveront leur voyage au Japon.

Une centaine de clients dans un rayon d’environ 60 km utilise notre port, dont certains du nord de la région lyonnaise, préférant Mâcon à Edouard Herriot. “ Le transfert routier, certes plus long en kilomètres, se révèle en revanche plus rapide en temps que pour rejoindre Lyon ” précise Jean-Pierre Riffier, (président de la commission Aproport à la CCI 71). Sa situation géographique privilégiée et l'ouverture récente de l’A 406 rendent aujourd’hui possible de voir Mâcon devenir le port de Genève.

Mâcon... port de Genève ?

Jean-Patrick Courtois et Claude Patard, (directeur de la Chambre de commerce et d’industrie 71) ont rencontré le 6 mai dernier les président et directeur de la CCI de Genève, François Naef et Jacques Jeannerat. “ Notre rencontre très positive débouche sur la visite d’une délégation importante en septembre prochain de la Confédération suisse des transitaires, des représentants des CCI de Genève, Zurich, du pays Vaudois (Lausanne) et de l’aéroport de Genève. Des gens de Savoie et de l’Ain pourraient se joindre à eux ",  explique le Sénateur-Maire. “ Ils veulent voir la modernité et la performance de nos installations ”.
Avec la prochaine visite des dirigeants de la SNCF dans le cadre du projet de transfert de l’activité fret dans la zone portuaire, le port de Mâcon est décidément l’objet de toutes les convoitises. “ En pleine expansion, il est devenu un véritable acteur du développement économique du Grand Mâcon et offre des perspectives d’avenir très prometteuses pour tout notre bassin de vie ”, conclut Jean-Patrick Courtois.

INTERVIEW

 Alain Beau Président de la Société de pêche La Parfaite

© Ville de Mâcon

La pêche est devenue un sport et un loisir, mais plus un moyen de remplir son congélateur. La Parfaite compte 1 400 adhérents. Nous disposons d’un lot que nous payons à VNF (Voies Navigables de France) partant en amont de la vieille ferme jusqu’au sud à l’île proche du pont du TGV. C’est une des meilleures rivières pour le silure et la carpe, qui attire les spécialistes notamment des pays de l’Est. Nous avons du sandre et du brochet. Nous en déversons chaque année 600 kg. Nous essayons de réintroduire le black bass. Et, bien évidemment, la Saône regorge de poissons blancs. Les mentalités chez les jeunes pêcheurs, de carnassiers notamment, changent. Avant, les gens remontaient 15 poissons par jour, sans se soucier pour certains s'ils pêchaient sur des zones de reproduction. Il faut prélever, mais en respectant le cycle des habitants de la rivière. Nous avons une importante école de pêche où on leur apprend à lire l’eau, à comprendre la rivière, tout en axant vers la pratique de compétition. Pour les touristes ou pêcheurs occasionnels, nous leur proposons des cartes à la journée ou à la semaine. Quant à la cohabitation avec les autres usagers de la Saône, tout s’écoule sans vague.”

Comment voyez-vous la Saône ?

Si César se demandait dans quel sens la Saône s'écoulait, nous, nous avons interrogé ses utilisateurs pour connaître leur regard sur elle en fonction de leur activité.

Jean-Vital Deguisne © Ville de Mâcon

" Je lui dois tout "
Jean-Vital Deguisne (Président du motonautisme, entrepreneur)

J’ai construit ma carrière professionnelle grâce à la Saône à travers mon entreprise de vente e t de réparation de bateaux. J’ai également bâti mon univers avec elle par le biais de la compétition et des “ 2 heures de Mâcon ”. Je lui dois tout. Au sein du club, les 140 adhérents, dont 110 propriétaires de bateaux à moteur, l’utilisent comme une distraction reposante. Ils s’en servent pour s’évader. Et la Saône vue de la Saône, c’est un spectacle dont nous ne nous lassons jamais.

© Ville de Mâcon

" Un moyen simple et rapide "
Jean-Pierre Riffier (entrepreneur)

Nous utilisons la Saône toute l’année. Elle est complètement intégrée à notre activité d’extraction et de transformation de granulats. C’est un moyen simple et rapide. Nous possédons nos barges, pousseurs, etc… Avec Aproport nous disposons des infrastructures pour travailler. C’est un moyen écologique et massif. Quand nous transportons 600 t, c’est 25 camions de moins sur les routes ! Nous privilégions l’environnement proche avec des sites d’extraction toujours au bord de Saône.

Nicolas Bueno © Ville de Mâcon

“ Notre élément ”
Nicolas Bueno (Président du Club de ski nautique)

La Saône c’est notre élément. Nous vivons dessus. Nous la subissons aussi dès qu’elle est en crue.
Comme pour l’aviron, les troncs et surtout les algues nous créent de réels problèmes. Sinon, nous avons une zone de 2,5 km, super pour l’initiation.
Nos 170 licenciés attendent avec impatience le nouveau ponton dans le cadre des travaux du port.

Laurent Menard © Ville de Mâcon

" Une chance "
Laurent Menard (président du Club de voile mâconnais)

Nous avons de la chance de disposer d’un plan d’eau comme celui là. Nous l’utilisons d’avril à fin octobre ; après, entre les caprices de la météo et les crues, c’est plus difficile.
 Pour un club de voile de terre nous sommes bien lotis par rapport à sa dimension, autorisant la navigation des voiliers habitables. Nous sommes 200 membres de 6 à 70 ans. Nous possédons une flotte très convenable développée et renouvelée régulièrement.

Jean-Philippe Darbon © Ville de Mâcon

“ La nettoyer, un acte citoyen ”
Jean-Philippe Darbon (président du Club subaquatique mâconnais)

Nous ne nous entraînons pas en Saône mais en piscine.
Nous intervenons chaque année en juillet pour la nettoyer, un acte citoyen entre les ponts Saint-Laurent et Urbain Sud.
L’aviron et le motonautisme lors de leurs compétitions nous demandent d’assurer la sécurité.
Nous sommes sollicités parfois par la gendarmerie dans le cadre d’affaires, ou par le préfet pour des recherches archéologiques.

" Nous l'aimons calme "
Bernard Rey (président des Régates mâconnaises)

Elle est parfois trop agréable et parfois trop remuante.
Un soir c'est un miroir, l e lendemain un océan de moutons. Nous l ’aimons calme.
Notre élément moteur c’est nous. Quand le vent de sud souffle et les éléments sont en colère, avec une tenue d’eau fragile, nous sommes ennuyés dans la pratique de notre sport. Surtout que nous vivons avec elle toute l’année.

 

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